Le récupérateur d'eau de pluie par gravité

Beaucoup n'aiment pas la pluie, mais réalisent ils ou elles que c'est cette même pluie qui permet de nous nourrir en offrant de quoi arroser nos cultures ?

Tonneaux de stockage du récupérateur de pluie
Tonneaux de stockage du récupérateur de pluie

J'ai donc décidé de récolter la pluie, un choix plutôt volontariste plutôt que de prendre l'eau du robinet, même si la Suisse a la chance incroyable de posséder de l'eau très propre de par ses montagnes et son climat. Ainsi je me suis mis à réfléchir comment réaliser un récupérateur de pluie low-tech, adapté à mon terrain, solide et avec le minimum d'entretien possible. La source provient du toit, que je récupère à la gouttière et l'eau est remontée au jardin 50 mètres plus loin grâce à un principe ingénieux.

Passons aux avantages du système :

  • Un stockage extensible grâce au principe des vases communiquants
  • Pas de risque de fuites, les tonneaux de stockage n'ont pas de robinet en bas
  • Un trop-plein automatique pour ne pas inonder le jardin
  • Pas de pompe électrique donc moins de panne et pas d'énergie externe nécessaire
  • Le stockage alimente en eau deux robinets par gravité, déjà installés au jardin pour obtenir facilement de l'eau dans les arrosoirs

Et les inconvénients :

  • L'échange d'eau entre les tonneaux s'arrête si les tuyaux de vases communiquants ne sont plus en eau de manière permanente et il faut les réamorcer. Il y a une solution pour éviter ce problème.
  • Le débit est plus lent depuis le toit sans pompe, pour cela je dois modifier mon système en apportant quelques améliorations.
  • Cela nécessite une échelle haute, car la gouttière est percée juste en-dessous du toit et non pas en bas, attention si vous le faites ainsi.

Le stockage

Le stockage est actuellement composé de six bidons (la photo n'est pas actuelle) reliés entre eux par le principe des vases communiquants, c'est à dire qu'il y a un tuyau entre chaque bidon qui a été rempli d'eau et il n'y a aucune bulle d'air dedans, sinon le système des vases communiquants s'arrête. Cela totalise environ 600 litres d'eau pouvant être stockée.

Ce choix a été fait car cela permettait de récupérer trois bidons que j'avais déjà, que je pouvais disposer sur des gabions (des pierres dans des blocs grillagés) déjà existants au point le plus haut du jardin. Ces gabions servent à retenir le terrain, très en pente. Les gabions sont très solides et stables, ce qui est idéal pour stocker du poids dessus.

J'aurai pu prendre une grosse cuve IBC de 1000 litres, mais je n'aurai pas pu la disposer en hauteur sur les gabions pour renvoyer de l'eau sur les robinets.

Pas de trou, pas de fuites

Tous les tuyaux passent par le haut des bidons, il n'y a aucun robinet sur le bas du stockage, ce qui évite le problème des fuites.

Vue de près du trop-plein percé en haut d'un tonneau
Vue de près du trop-plein percé en haut d'un tonneau

Il y a quatre tuyaux dans un ordre précis (il en manque un sur l'image) :

  1. Le tuyau provenant du captage de l'eau du toit, en bleu sur le schéma
  2. Le tuyau de trop-plein, en vert sur le schéma
  3. Le tuyau de renvoi sur les robinets, équipé d'une crépine, en rouge
  4. Les tuyaux de vase communiquant entre les bidons, en orange

Il est important de ne pas faire arriver tous les tuyaux à la même hauteur, car si le fond des bidons n'a plus suffisamment d'eau, l'échange entre les bidons s'arrête et il faut réamorcer les tuyaux.

J'ai donc disposé, de haut en bas, les tuyaux dans l'ordre ci-dessus, car le tuyau provenant du captage, en cas de fuite, peut vider l'ensemble du système, alors qu'il ne fait qu'amener de l'eau, il est donc disposé tout en haut. Le tuyau de trop-plein, le seul qui est percé est en haut du premier bidon, ensuite il y a la crépine qui renvoie l'eau sur les robinets, et les tuyaux de vases communiquants, au plus bas possible des bidons. Un schéma vaut mieux que mille mots :

Schéma de principe du récupérateur d'eau de pluie
Schéma de principe du récupérateur d'eau de pluie

Le captage à la gouttière

J'ai fait le choix de prendre l'eau du toit par rapport à la quantité d'eau qui peut être obtenue, il y a environ 100m² de toiture, ce qui est très intéressant même en cas de petite pluie.

Tous les récupérateurs que j'ai vu sur Internet et chez des amis prennent leur captage à au point bas de la gouttière, à hauteur du haut du bidon, ce qui permet de renvoyer l'eau dès que la cuve est pleine pour ne pas que cela déborde. Mon cas est différent, je ne stocke pas en bas de la gouttière mais je remonte l'eau au jardin comme le schéma ci-dessus, il m'a fallu réfléchir pour finalement choisir de percer la gouttière au point le plus haut de celle-ci afin de faire un remplissage des bidons par gravité, en mesurant au pifomètre la différence de hauteur. Ceci était une excellente idée pour éviter une pompe électrique inutile, car avec la topologie du terrain, il suffisait d'un peu plus de matière grise pour y arriver.

Pièce de captage fixée dans la gouttière avec vanne
Pièce de captage fixée dans la gouttière avec vanne été/hiver

Mettre les tuyaux sous terre

Parce que certains tubes de passage étaient déjà installés, j'ai pu profiter de passer une grande longueur sous terre jusqu'au jardin afin de cacher les tuyaux d'amenée et de trop-plein, mais il m'a fallu encore réaliser une tranchée de trois mètres pour enterrer encore un bout les tubes avec les tuyaux dedans. Ceci a nécessité plusieurs jours de travaux mais le résultat final est très satisfaisant.

Vue des tubes orange de passage des tuyaux dans la tranchée, prêts à être enterrés
Vue des tubes orange de passage des tuyaux dans la tranchée, prêts à être enterrés

Voici une petite vue de la chambre de tirage dans le terrain, entre la gouttière et le récupérateur :

Chambre de tirage intermédiaire enterrée pour les tubes et câbles
Chambre de tirage intermédiaire enterrée pour les tubes et câbles

Et le résultat une fois le dernier bout de tube enterré :

Fin des travaux, la tranchée est rebouchée
Fin des travaux, la tranchée est rebouchée

Le départ aux robinets

Pour faciliter l'usage de l'eau des bidons, j'ai raccordé un tuyau sur les robinets qui étaient déjà existants, ce qui me permet de choisir entre l'eau provenant du réseau ou l'eau provenant du récupérateur. Grâce à la gravité, j'ai une pression bien suffisante pour remplir un arrosoir en peu de temps.

Afin d'éviter de boucher les robinets, j'ai installé une crépine au départ du tuyau qui va dans le bidon. Le terme crépine n'étant pas connu, il s'agit d'un filtre mis au départ d'un tuyau. Celle-ci était fournie avec un clapet anti-retour, dans mon cas je n'en avais pas besoin, le clapet est seulement nécessaire quand le stockage est enterré pour laisser le tuyau en eau une fois la pompe amorcée.

Le risque était de diminuer de beaucoup le débit à cause du clapet anti-retour, je l'ai donc démonté pour n'avoir que le filtre de la crépine.

Image de la crépine, pas encore installée avec un raccord à tuyau souple
Image de la crépine, pas encore installée avec un raccord à tuyau souple

Conclusion

Globalement le système fonctionne bien, ce qui a demandé le plus d'énergie était d'enterrer les tuyaux, ce qui a pris le plus de temps était la réflexion sur comment j'allais procéder, je vous recommande donc de prendre votre temps afin de trouver le système le plus adapté à votre terrain. Les solutions low-tech bien conçue permettent souvent de diminuer l'entretien nécessaire d'un récupérateur de pluie.

En terme de coût, l'ensemble est revenu aux alentours de 400.- CHF.

N'hésitez pas, selon votre cas, à recourir à la pompe à bélier ou « bélier hydraulique » qui permet de remonter de l'eau sans électricité grâce à la force de chute. On peut avoir une chute de 1 mètre et remonter l'eau de 10 mètres par exemple.

Pour terminer, cela m'a fait très plaisir de réaliser cela, l'eau de pluie me sert pour arroser les semis et le passage à six bidons est vraiment très appréciable.